Une « marche de la sagesse » en pratique
La première partie de la Promenade de la Sagesse s’ouvrira le 21 juin sur un parcours de 136 kilomètres autour de Nimègue. Vous trouverez ci-dessous une histoire du pèlerin expérimenté Jan Veltman sur ce que le pèlerinage peut vous faire.
Il y a des années, j’ai représenté mon chemin de vie de manière créative. Le dessin montre une route vers l’horizon, qui devient de plus en plus étroite et disparaît là. Mon chemin dans ce dessin monte et descend toujours de gauche à droite le long de cette route jusqu’à l’horizon.
Parcourir mon chemin dans la vie est progressivement devenu un chemin de pèlerinage avec enrichissement. Le pèlerinage est pour moi une façon particulière de marcher, c’est-à-dire significative avec un caractère religieux et aussi de nombreuses rencontres. Je vis ces rencontres comme un cadeau.
En 2000, j’ai marché des Pays-Bas à Santiago avec mon frère et ma belle-sœur. Le début d’une belle « carrière » de pèlerin. Mais ma promenade franciscaine récemment faite par moi-même était vraiment différente. Au cours de ce voyage de Florence à Assise puis à Rome, j’ai été beaucoup plus seul. Beaucoup plus sur des sentiers battus. Cela a donné lieu à de nombreuses rencontres. Cela m’a beaucoup apporté. Je travaille toujours dessus. Le pèlerinage seul n’était pas toujours facile. Cela pourrait être difficile. Puis parfois, j’arrivais complètement épuisé. Pourtant, c’était la vraie joie parce que le lendemain, j’avais déjà oublié la lourdeur de la veille. Je pourrais tout recommencer.
J’ai fait ce pèlerinage sous le signe du mot « confiance ». Cela m’a beaucoup occupé en cours de route. Cela signifie beaucoup pour moi. L’essence de la confiance pour moi est de croire que vous serez soutenu lorsque vous lâcherez prise. C’est devenu une façon de penser et d’agir pour moi. Lâcher prise est difficile, mais devoir lâcher prise arrive à tout le monde, parfois volontairement, souvent à contrecœur. Cela peut être extrêmement douloureux. Mais maintenant, en courant, seul, dans la nature, j’ai remarqué que la distanciation se passait mieux. Un sentiment de lâcher-prise grandit alors. La particularité de ce voyage, c’est que j’ai toujours eu le sentiment que Francis marchait avec moi. C’est spécial, et cela m’a aidé à être sur la route avec mes pensées.
La marche est la seule solution pour moi pour arriver quelque part. Je ne vois pas cela comme une solution pratique nécessaire lorsque je me perds pendant mon pèlerinage. Pour moi, c’est une métaphore de la façon de gérer les moments difficiles de ma vie.
J’ai régulièrement rencontré des personnes spéciales. D’autres pèlerins ou vacanciers avec lesquels j’ai eu des conversations intenses. Parce que j’avais beaucoup d’expériences et de perceptions à partager et que j’en ai aussi beaucoup reçu, c’étaient des rencontres spéciales. Pour moi, ces conversations étaient des rencontres avec Francis et parfois j’avais le droit d’être Francis pour eux pendant un certain temps.
Cela semble être un contraste ; être seul et faire de nombreuses rencontres. Mais en marchant, de nombreuses pensées surgissent. Vous avez de l’espace et du temps pour cela. Vous venez plus à vous-même. Mais vous lâchez aussi toutes sortes de lest. J’ai consigné beaucoup de pensées et d’expériences dans ma brochure. C’est intense, on va de plus en plus au cœur de l’essentiel. Le fait de partager cela avec les personnes que vous rencontrez rend également les rencontres plus intenses et plus précieuses. Étant seule, j’ai vécu cela comme merveilleux, fantastique. Cela aussi semble être un contraste, mais c’est précisément le contraste avec la rencontre qui complète si bien ces concepts. Je me sens aussi comme une personne sociable.
J’emportais mon lest avec moi dans mon sac à dos et je le voyais en métaphore comme les côtés sombres de ma vie, que je porte toujours avec moi. Vous ne le voyez pas, mais il est là. Et tout le monde porte le fardeau avec lui. Il est bon de se rendre compte que ces côtés d’ombre vous aident à trouver un meilleur équilibre dans votre vie.
Je suis peut-être un peu occupé et pressé dans ma nature. Mais de temps en temps, une promenade donne beaucoup de tranquillité, j’en ai fait l’expérience. Je ralentis, je reviens à moi-même, je retrouve plus d’équilibre. C’est peut-être ainsi que cela se passe avec toutes les contradictions. En prenant conscience d’un côté de vous-même, l’opposé a également plus d’espace pour se manifester et grandir. Comme pour la marche, vous mettez alternativement votre jambe gauche et votre jambe droite en avant pour avancer. La marche, c’est la seule solution pour arriver quelque part.
Pour conclure mon histoire de pèlerin, j’ai fait l’expérience qu’au cours de mes pèlerinages, d’abord inconsciemment, mais maintenant intensément ressentis, j’ai fait l’expérience de mes pèlerinages vers ma source intérieure. L’extérieur pousse vers l’intérieur. De l’intérieur vient la joie que je partage avec les autres, l’extérieur, mais en fin de compte, il s’agit de l’intérieur.
Baarn, mars 2015.
Jan Veltman

