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Je ne sais pas pour vous, mais ces dernières semaines, j’ai parfois été envahi par la tristesse : il semble y avoir tant de divisions et si peu de volonté de s’écouter les uns les autres. Les mots sont déformés quand cela leur convient et l’honnêteté et le bien commun perdent face au résultat et à l’intérêt personnel. Que ferais-je encore pour une tradition de pèlerinage autour de la connexion et de l’approfondissement, de la paix et de la réflexion ?

Quand je pense comme ça, l’inspiration m’échappe et je me tais. J’écris dans une maison familière et je reconnais les sons autour de moi – le voisin à l’étage, la voiture dans la rue. Mais ils semblent être à distance, détachés des grandes connexions que j’ai vues pour la première fois.

Ce qui me surprend, c’est que je trouve cette mélancolie ou mieux encore ce deuil – rafraîchissant. Soudain, je me retrouve dans le présent si souvent chanté, le moment qui se tient par lui-même, indépendant d’un but en dehors de celui-ci. Même chose hier, en traversant la ville à vélo : j’ai reconnu les rues, mais j’ai regardé à travers les images de ma mémoire. Comme si je n’y vivais pas vraiment, mais que j’étais juste de passage. Bien sûr, nous sommes tous dans ce monde : de passage.

Je projette des plans sur le monde et quand les plans sont réalisés – réussis ou non – je fais de même avec mes souvenirs. Mais sous tout le « moi » de mes souvenirs et de mes projets se cache un monde beaucoup plus vaste. Un monde qui s’ouvre lorsque je sors de ma tête et du rythme de ma routine. Du cadre de mes pensées jaillissent les formes et les couleurs des choses telles qu’elles sont en ce moment.

Je marche sur ce chemin dans ma vie non pas parce qu’il sort quelque part, mais parce qu’il me donne un sens maintenant – et c’est à partir de cette connexion que je veux travailler.

Damien

Image : Marjoke Schulten, Constellation – le voyage. Dans : Les saisons de la vie, un livre d’heures et de pèlerinage contemporain