L’histoire de la cérémonie de départ (15) : « Assez bien »

L’homme moderne se croit libre, mais la compulsion grossière et physique du passé a été remplacée par une compulsion subtile et beaucoup plus puissante : celle de l’autodiscipline.

Michel Foucault

Cérémonie de départ au lever du soleil
Cérémonie de départ au lever du soleil par Jolle Schraa

Samedi dernier, c’était notre cérémonie de départ au lever du soleil : les laudes du pèlerin. Nous faisons une procession silencieuse à travers l’église abandonnée Stevens à Nimègue. Un lecteur lit un texte de notre premier livre d’heures de pèlerinage Les saisons de la vie. Cette fois-ci, Sytske Zwart a lu un texte de Damiaan Messing, le pionnier de la Marche de la Sagesse.

« N’est-ce pas vrai ? Nous vivons dans un pays libre et pourtant, inconsciemment, beaucoup d’entre nous vivent dans l’inliberté. Il n’y a pas de personne directe pour nous dire quoi faire, mais il y a constamment des normes que nous nous imposons. Ils se manifestent sous toutes sortes de formes : si vous voulez réussir ou avoir un profil intéressant, si vous voulez être un partenaire séduisant, un bon parent, un vrai ami… Nous nous mesurons ou nous pensons que les autres le font pour nous. Le résultat est devenu notre compulsion et le chemin vers celui-ci ne semble souvent pas libre.

Peut-on faire autrement ? Bien sûr. La clé, c’est l’amour. Avec les yeux de l’amour, la bonne volonté et l’engagement sincère suffisent. Mais ne peut-on choisir que l’amour ? La plupart des normes que nous nous imposons concernent les autres : nous voulons nous conformer aux yeux de l’autre. Nous pouvons facilement nous donner l’un à l’autre ce dont nous avons profondément besoin – le sentiment d’être assez bien – mais qui ose commencer ? « 

Damien

Judith Krebbekx
Mère, de Judith Krebbekx

Image : une miniature dans Seasons of Life