Le journal d’un inconnu
Depuis le début du mois de juin, Rob van Sprang coordonne notre petite fondation avec Manja Bente. En préparation, il a parcouru le Chemin de la Sagesse en tant qu’« étranger » (pèlerin en latin). Il a été conduit par Manja et à la fin attendu par le pionnier Damien, qui quittera bientôt la fondation.

Jour 0 : Ce pèlerin en devenir a fait ses préparatifs : il voulait sortir de son mode de travail et de performance. Entre-temps, la pression augmentait. A-t-il eu le temps pour cela ? Et comment pouvait-il simplement dire adieu à Internet ! Il avait zoomé, envoyé des e-mails, mené divers projets pendant des semaines et comment cela allait-il se passer avec … Entre-temps, son regard s’est porté sur son paquet de démarrage et il a lu cette phrase en bas : « Allez pèlerin allez, chaque pas que vous faites est un rêve et un acte, alors allez pèlerin allez… ».
Le premier jour, son voyage commença : son départ avait été annoncé, mais il n’était pas encore vécu. Internet toujours allumé. Son excuse ! Prendre ses responsabilités, sa loyauté, c’est ce qui fait de vous un homme. Tout en marchant, il regardait les images qu’il voulait garder en l’air sur lui-même : qui il était. Il se souvint de la poussière d’étoiles que Manja lui avait chuchotée par l’astrologie. Pluton régnait, la planète de la révolution… Dans mon esprit, cette phrase s’est imposée : « Allez pèlerin, allez, chaque pas que vous faites est un rêve et un acte, alors allez pèlerin, allez…
Le deuxième jour, le téléphone s’est éteint. Ce qui l’a remplacé lorsqu’il se promenait dans le Reichswald, c’est une chanson : « Ein Bißchen Friede, ein Bißchen Liebe » et après cela « pour quelques heures, tu peux m’engager », l’interprétation de sa mère. Ce texte n’a cessé de s’imposer jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il était lui-même ce texte. Lui, freelance, éviteur de conflits aussi, alors il s’est donné à quelqu’un d’autre pour un peu… Après cette prise de conscience, il n’entendit que les mots : « Va pèlerin, va, chaque pas que tu fais est un rêve et un acte, alors va pèlerin, va…
Le 3e jour, il s’est senti libre ! Il s’est promené joyeusement ici et là jusqu’à ce qu’il se rende compte du nombre de kilomètres réellement au programme ce jour-là. Il avait plu dans le Reichswald et les pages s’étaient collées les unes aux autres. La douleur musculaire s’accumulait dans le bas de ses jambes. En se dandinant, en se promenant, il continua à marcher. Il n’avait pas de pensées, mais dans sa chambre intérieure, il avait l’air de bonne humeur : « Allez pèlerin, allez, chaque pas que vous faites est un rêve et un acte, alors allez pèlerin, allez…
Le 4e jour, il s’est rendu au monastère où une journée de repos était au programme. La douleur dans le bas de ses jambes était supportable et ses pieds étaient miraculeusement d’humeur à le faire. Il s’était senti le bienvenu dans le Bakhuisje et s’était épanoui grâce à l’accueil affectueux de Machteld et Ronald. Ils lui avaient fait signe au revoir, lui avaient parlé comme pour lui dire : « Va pèlerin, va, chaque pas que tu fais est un rêve et un acte, alors va pèlerin, va…
Il a passé le 5e jour entre les murs d’un monastère à Velp (Tombe). C’est là qu’il rencontra Marc, qui était en charge des affaires du monastère. Il lui avait chuchoté quelle était sa tâche la plus importante : « garder le silence ». Pour ce faire, il a dû entretenir le monastère et entrer dans le monde du système dans le but de fournir des soins rémunérés aux personnes souffrant d’épuisement professionnel. Le pèlerin écoutait, mais surtout entendait ses pas parler : « Allez pèlerin, allez, chaque pas que vous faites est un rêve et un acte, alors allez pèlerin, allez…
Le 6e jour, un vieil ami, également Marc, l’attendait : « Hey Pilgrim, … En chemin, Marc m’a dit qu’il avait souffert d’un deuxième burn-out et qu’il prévoyait de marcher sur la Marche de la Sagesse dans le cadre de sa convalescence, avant même d’avoir appris que son camarade… Dans la tête du pèlerin, le silence fit place à la pensée : Marc éviterait-il aussi les conflits ? Et… OUI, c’était le cas ! Il cria joyeusement à Marc : « Va pèlerin, va, chaque pas que tu fais est un rêve et un acte, alors va pèlerin, va…
Le jour 7 arriva et le pèlerin regarda le fermier dans la prairie. Il a vu les jeunes céréales qui poussaient et la terre qui était en fleurs. Aujourd’hui il est arrivé dans l’atelier « Tempelhof » des concepteurs du symbole « Pèlerin », qui était sur son sac à dos et qu’il avait suivi pendant 6 jours, pour maintenant le revoir au milieu de sa famille de statues : 25 frères, sœurs. C’étaient des lettres ! Ensemble, ils sont devenus un alphabet et ont raconté une histoire sur la physique quantique, la théorie des nombres et une sagesse plus universelle. Le pèlerin a pris son temps jusqu’à ce que la poussière qui s’était déposée en lui soit secouée : « Allez pèlerin, allez, chaque pas que vous faites est un rêve et un acte, alors allez pèlerin, allez…
Le 8e jour, le pèlerin s’est levé gaiement. Il voulait rencontrer Damien et lui raconter ses rencontres, le voyage. Racontant à quel point il était reconnaissant pour tous ces moments merveilleux, inoubliables, mais surtout éducatifs. Son sac à dos avait été vidé et rempli. Tous les pèlerins qui l’avaient précédé, mais surtout Manja et Damien, avaient fait leur part. La moitié de l’éternité ∞, la sagesse, était presque accomplie. L’autre moitié, c’était l’amour. À mi-chemin du pont, ils se rencontrèrent : tous deux avaient encore un long chemin à parcourir, mais soufflant les mêmes mots :
« Gentil pèlerin, que tu sois de retour ! »
Contribution réflexion pèlerin 5615



