Correspondance Lidia (carrosse) et Rianne (pèlerine), partie 2 : lettre Rianne
Chère Lidia,
J’ai parcouru le Chemin de la Sagesse seule. L’interview avec vous a donné l’impression que vous marchiez un peu avec moi. Comme c’est bien que nous continuions symboliquement sur la route dans cette correspondance.
Vous pouvez parfois être tellement coincé dans votre propre vie, dans ce que vous faites, dans ce que vous pensez. Quitter le familier, d’une certaine manière, pour un moment, c’est ce que j’ai fait en parcourant le Chemin de la Sagesse. Me rencontrer moi-même et l’autre qui est un dans l’inconnu et le nouveau. Pour voir et sentir clairement.
Votre question me fait penser qu’en revenant à la Stevenskerk, j’aurais pu demander à cet homme ce qu’il voyait dans mes yeux. Cela aurait été une bonne question. Ce que je soupçonne : Une certaine ouverture, de la vivacité, du scintillement, de l’enthousiasme. Imprégné de l’unité de tout.
La façon dont je fais de la place pour ce qui se présente a aussi à voir avec cela. Je crois que ce que je rencontre sur mon chemin a une raison. Alors, cette agitation pendant ma journée de repos, cette blessure, qu’est-ce qu’ils veulent me dire ? C’est une évidence qu’elle est là, c’est à moi de décider comment y faire face. Ou comme lors du dîner lors de mon premier jour de la Marche de la Sagesse. Il n’y avait qu’une seule option pour mon budget : un snack-bar/pizzeria. Il s’est avéré que c’était un endroit animé, éclairé par des néons, avec la télévision réglée sur une chaîne musicale. Ce n’est pas l’environnement que je choisirais moi-même. Mais c’est précisément en n’ayant pas le choix que j’ai trouvé la paix. C’est comme ça. Comme savoir qu’après la nuit, le jour se lève à nouveau, cela n’a aucun sens de vouloir changer cela. Je l’accepte donc. Acceptez-le et voyez l’humour qu’il contient. Cela s’est fait naturellement ce premier soir et cela m’a donné confiance pour le reste de la Marche de la Sagesse.
Sympa, votre comparaison de la vie sociale nue actuelle en lien avec le corona et l’automne. Pour moi, la nature est en effet un miroir à partir duquel nous pouvons apprendre. Que nous montre la nature aujourd’hui ? Qu’il est bien de devenir chauve, de réduire à la moelle. Que cela soit même nécessaire pour revenir en pleine floraison au printemps. Qu’est-ce que cela peut nous apprendre ? Nous sommes davantage renvoyés sur nous-mêmes. Comment est la relation avec nous-mêmes ? Que ressentons-nous à l’idée d’être en notre propre compagnie avec moins de distractions extérieures ? Qui sommes-nous sans toute cette décoration ? Pour moi, l’automne est une excellente invitation à le faire, l’une des raisons pour lesquelles j’ai parcouru le Chemin de la Sagesse à l’automne.
Maintenant, je vois beaucoup de crampes autour de moi sous la forme de résistances, de partisans et d’opposants. Que se passerait-il, pour nous et pour la communauté, si nous enlevions la crampe ? Et qu’en pensez-vous ? Si nous nous exercions plus souvent à nous retrouver dans des situations inattendues et nouvelles, serions-nous moins convulsifs, par exemple, avec la situation actuelle du coronavirus ? Par exemple, marcher en pèlerinage, loin du connu, vers l’inconnu, comme un exercice pour la vie.
Rianne
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Photo : Anne Kaere Photography





